Boucle de l'oratoire Ste Thérèse et la Ravine du Petit St Pierre
- Gilbert La Porte
- il y a 2 jours
- 6 min de lecture
Par Gilbert La Porte
Cette "double-boucle" est à réserver à de très bons marcheurs. Elle fait 23,50 km de long, avec un dénivelé positif cumulé de 1 025 m. De plus, sur plus de la moitié du parcours, le sentier est très technique, avec des lapilis, des marches parfois assez hautes et des raidillons très forts.
Cependant, elle offre des paysages très variés, des forêts de plantes indigènes et endémiques de la Plaine des Cafres, aux pâturages verdoyants, en passant par le rempart insolite de la Rivière de l'Est. On est récompensé de l'effort physique et mental déployé tout le long du parcours, pour peu que la météo soit clémente comme ce fut le cas lors de la reconnaissance effectuée par Yannick et moi ce mercredi 25 février 2026.
Démarrage de la randonnée à 8 h 00 précises sur le parking situé dans l'aire d'accueil du Piton Sec, à la Plaine des Cafres :
Point Google Maps du parking où nous devrions nous retrouver : https://maps.app.goo.gl/w6ytCxG6S4z4Tg2j9
COTATION FEDERALE :

IBP Index 126
Difficulté de la randonnée :
Pour très bons marcheurs
Durée : 8 h 30 (pauses comprises)
Longueur : 23,40 km km
Dénivelé positif : 1000,8m / Dénivelé négatif : 1000,8 m
Point de départ de la randonnée
Parking de l'aire d'accueil du Piton sec
La carte du parcours
Télécharger la trace GPX
Notre parcours

L'itinéraire
Le départ se fait sur le parking de l'aire d'accueil du Piton Sec dans les hauts de la Plaine des Cafres. Nous rejoignons le GRR2 en direction du Nez de bœuf et du Piton Textor. La pente se fait très vite très raide avec une série de marches. Le sentier quitte l'espace plantée de cryptomérias pour nous conduire rapidement dans une partie de la forêt avec des espèces endémiques telles les fleurs jaunes, les branles ou les zambavilles. Plus nous avançons, plus nous trouvons sur notre chemin des grands tamarins des hauts et le fameux sophora denudata, au nom vernaculaire de petit tamarin des hauts. Nous sommes dans la région où cette espèce endémique menacée d'extinction prolifère encore, grâce à son classement en tant que telle par l'UICN. Cet arbre ne paye pas de mine par rapport à l'Acacia heterophylla, ou Tamarin des hauts, endémique comme son petit frère. Toutefois, sophora denudata est réputée pour son rôle majeur dans l'hydrogéologie. En effet, ses petites feuilles captent l'eau contenue dans les brouillards fréquents dans cette partie de l'île pour les acheminer vers le sol et le sous-sol, alimentant ainsi les nappes phréatiques, même en période sèche. Nous aurons l'occasion de nous en rendre compte de visu en traversant plus loin le bois d'Ozoux.
Quelques mètres plus haut, nous aurons l'occasion d'apercevoir les deux trous blancs, autres curiosités de notre itinéraire, et d'apprendre - si certains ne le savaient pas encore - ce qui fut à l'origine de leur formation. Puis nous poursuivons notre lente ascension en direction du Nez de bœuf que nous laisserons sur notre droite avant de descendre vers le rempart de la Rivière des remparts. Nous profiterons du point de vue qui traverse le lit de la rivière jusqu'à l'ilet de Roche Plate.
Nous nous élançons ainsi vers le Piton Textor, au pied duquel nous atteignons le départ du sentier, toujours le GRR2, vers l'Oratoire de Sainte Thérèse.
Le terrain devient beaucoup plus technique à partir de là et quasiment jusqu'à notre retour en ce même lieu après avoir fait le détour par l'Oratoire et le radier de la ravine du Petit Saint Pierre. Cette technicité est due à la fois à des portions de notre itinéraire avec un pourcentage de côte élevé, mais surtout un sentier parsemé de lapillis plus ou moins gros qui rendent la progression difficile par endroits. Nous devons aussi couper par quatre fois la route forestière du volcan, très fréquentée les fins de semaines. A l'avant-dernier de ces croisements, nous nous trouvons devant un oasis sans flaque d'eau, mais avec une verdure insolite au milieu d'un paysage exclusivement minéral. L'eau se trouve en fait dans le sol et en sous-sol, collectée par les petits tamarins des hauts qui ont colonisé l'espace et qui entretiennent ainsi la végétation grâce à cette eau qu'ils renvoient par leurs troncs puis les racines dans le sous-sol. C'est véritablement la démonstration qui est faite sous nos yeux ébahis de l'utilité de cette espèce endémique de La Réunion et plus particulièrement de cette région de l'île. Nos profitons de l'oasis pour une petite pause avant d'attaquer la dernière partie de l'ascension jusqu'à l'oratoire Sainte Thérèse, que nous atteindrons au bout de trois heures de marche. Au passage, nous nous arrêterons quelques minutes devant la stèle en mémoire de Josémont Lauret, garde forestier et guide du volcan, qui a perdu sa vie en cet endroit lors d'une expédition.
Après une courte visite à l'Oratoire et, si la vue est dégagée, un aperçu sur la Plaine des Sables qui s'étale sous nos yeux, nous reprenons notre itinéraire en direction de la route forestière du Piton de l'eau, en suivant le sentier du rempart de la Rivière de l'Est qui prend sa source dans la vallée qui se trouve à quelque 500 m en dessous de nous. Après une portion d'itinéraire qui continue de grimper devant nous, nous commencerons la longue et toute aussi technique descente vers la route forestière. Et après deux heures environ de descente qui vont maltraiter les genoux fragiles, nous arrivons enfin au croisement avec la route forestière du Piton de l'eau, fermée pour les véhicules. Ce sera notre endroit pour le pique-nique sorti du sac.
Après une bonne demi-heure de cette pause pour nous ressourcer et nous reposer, nous reprenons notre randonnée en suivant la route forestière jusqu'au radier de la ravine du Petit Saint Pierre qui débouchera à la mer du côté du Petit Saint Pierre de la Commune de Saint Benoît. Là, nous prenons le sentier de randonnée qui conduit au Piton Textor. Le chemin est vallonné, avec encore quelques montées et des descentes. Le sol est mixte; lapillis par endroits, scories à d'autres et quelques portions de terre reposant pour les chevilles et les genoux. Nous traversons aussi quelques ravines, dont la Ravine bichique qui peut avoir un débit plus ou moins élevé selon qu'il aura plu la veille ou non. Un peu plus loin, nous traverserons de nouveau un oasis, non loin du Piton de Tangue ou Piton des Treize cantons. Un sophora denudata gigantesque embellit l'endroit avec ses multiples branches toutes torsadées, autant de séquelles laissées par un cyclone. Puis nous repartons à l'assaut du Piton Textor qu'on aperçoit de temps à autre devant nous lorsque nous nous situons sur une crête. Et au bout d'une heure de marche nous atteignons le carrefour des sentiers du Piton Textor.
Nous nous engageons sur celui qui conduit au Piton Guichard par le Nez de bœuf. Mais nous le laisserons au bout d'un quart d'heure pour bifurquer sur celui qui amène vers le Chalet des pâtres à travers les pâturages. Nous laissons tous les sentiers rencontrés à droite et à gauche jusqu'à un échalier permettant de franchir une clôture de barbelés. Nous traversons la piste DFCI et poursuivons notre randonnée par le sentier en face. Nous filons le long des pâturages en faisant attention aux troupeaux de vaches qui paissent tranquillement tout en veillant sur leurs progénitures. Au loin, nous pouvons apercevoir les retenues collinaires des Herbes blanches et de Marcelin. A notre droite, c'est un défilé de pitons : Argamasse, Herbes blanches, Misère, Rouge. Puis le sentier traverse les pâturages en les coupant en deux. Nous redescendons de l'autre côté jusqu'à l'intersection que nous prenons à gauche. Après avoir traversé le grand bras du Bras du Pontho, nous entrons dans la forêt de notre départ où se trouve l'aire d'accueil du Piton sec. Et nous retrouvons en moins d'un quart d'heure notre point de départ.
Fin de la Randonnée
POINTS D’INTERETS :
Paysages
Biodiversité
Sites exceptionnels
Equipement nécessaire
Un sac à dos comprenant le fond de sac : sifflet, couverture de survie, crème solaire, lampe frontale
Bâtons de marche conseillés avec embouts en caoutchouc
Une bonne paire de chaussures de randonnée
2,5 l d'eau (aucun point d'eau sur les 23 km)
Une boisson énergisante
Du grignotage
Le casse-croûte de midi
1 vêtement de pluie
Casquette/Chapeau
Lunettes de soleil
Une trousse avec vos médicaments
Un t-shirt de rechange et des chaussures pour la fin de la randonnée
Une genouillère
Crédits photos : Gilbert La Porte












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